Opposition à contrôle fiscal : de lourdes conséquences !
Lorsqu’une personne fait obstacle au déroulement d’un contrôle fiscal, l’administration peut recourir à la procédure d’évaluation d’office et le priver de certaines garanties procédurales habituellement applicables. Encore faut-il caractériser une véritable opposition au contrôle… Illustration dans une affaire récente…
S’opposer à un contrôle fiscal : quand et pour quelles conséquences ?
Un consultant en campagne publicitaire fait l’objet d’un contrôle fiscal à l’issue duquel il se voit réclamer un supplément d’impôt, ainsi que des rappels de TVA, selon la procédure de taxation d’office.
Des rappels d’impôt et de taxe qu’il refuse de payer… Selon lui, de nombreuses irrégularités ont affecté son contrôle fiscal : durée excessive du contrôle, confusion sur les dates et lieux des rendez-vous, absence de vérification sur place, etc. Autant d’arguments avancés pour obtenir la décharge de plus de 200 000 € d’impôts et de TVA réclamés par l’administration…
Mais encore fallait-il que le contrôle puisse réellement avoir lieu, conteste l’administration fiscale : qu’il s’agisse des avis de vérification, des relances, des convocations, des mises en garde, etc, tous les courriers ont été adressés à l’unique adresse communiquée par le consultant, mais aucun pli recommandé n’a été récupéré et les rendez-vous fixés par le vérificateur sont restés lettre morte.
Le consultant tente bien de se défendre en pointant certaines maladresses de l’administration, notamment une date de rendez-vous erronée mentionnant un « lundi 9 décembre 2015 », alors que le 9 décembre tombait un mercredi.
Des maladresses insuffisantes pour convaincre le juge. Malgré cette confusion ponctuelle, l’administration a accompli de nombreuses diligences sans entretenir d’ambiguïté réelle. En restant inactif et en ne retirant pas ses courriers, le consultant a lui-même empêché le contrôle fiscal de se dérouler normalement.
Par conséquent, son comportement caractérise une opposition à contrôle fiscal. Et dans cette situation, l’administration peut procéder à une taxation d’office, tout en privant le consultant des garanties habituellement attachées à la procédure de contrôle, notamment la limitation de la durée du contrôle à 3 mois.
En matière de contrôle fiscal, ne pas répondre à l’administration fiscale ou laisser ses courriers recommandés au bureau de poste peut être interprété comme une opposition au contrôle, avec des conséquences particulièrement lourdes.
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Frais de double résidence : fiscalement déductibles ?
Lorsqu’un salarié est contraint de vivre dans un 2nd logement pour des raisons professionnelles, certaines dépenses supplémentaires peuvent être déduites de ses revenus imposables. Encore faut-il remplir les conditions prévues par l’administration fiscale et opter, le cas échéant, pour le régime des frais réels. On fait le point…
Les frais de double résidence : de quoi parle-t-on ?
Les frais de double résidence correspondent aux dépenses supplémentaires engagées par un salarié qui doit résider, pour des raisons professionnelles, dans un lieu différent de son domicile habituel.
Ces dépenses sont considérées comme des frais professionnels lorsqu’il est impossible pour le foyer de conserver une seule résidence en raison notamment du lieu de travail de chacun des conjoints.
Dans ce cas, elles peuvent être déduites du revenu brut imposable.
Déduction des frais de double résidence : bénéficiaires
Les couples mariés ou pacsés
Le cas le plus fréquent concerne les couples mariés ou liés par un Pacs, lorsque chacun exerce une activité professionnelle dans des zones géographiques différentes rendant impossible une résidence unique.
Les concubins
Les particuliers vivant en concubinage peuvent également bénéficier du dispositif, à condition de démontrer la stabilité et la continuité de leur relation.
Pour cela, plusieurs éléments peuvent être produits, comme :
- un bail établi aux deux noms ;
- la reconnaissance d’un enfant ;
- l’acquisition commune de la résidence principale ;
- des factures d’électricité, de gaz ou de téléphonie établies alternativement ou simultanément aux deux noms.
D’autres situations admises par l’administration fiscale
L’administration fiscale admet aussi la déduction des frais de double résidence dans certaines situations particulières, notamment :
- en cas de précarité de l’emploi (stage, CDD, missions d’intérim, période d’essai d’un CDI, etc.) ;
- lorsque des impératifs familiaux justifient le maintien de 2 résidences.
En revanche, les dépenses résultant d’un simple choix de confort ou de convenances personnelles ne sont pas déductibles.
Frais admis en déduction de l’impôt sur le revenu
Les frais admis en déduction correspondent aux dépenses supplémentaires liées à l’occupation temporaire d’un 2nd logement pour raisons professionnelles.
Les frais de logement
Peuvent notamment être déduits :
- les loyers du 2nd logement ;
- les charges annexes telles que :
- l’assurance habitation ;
- les abonnements d’eau, d’électricité, d’internet.
La taxe foncière
La taxe foncière du logement situé sur le lieu de travail ou à proximité peut également être prise en compte.
Les frais de repas
Les dépenses supplémentaires de repas peuvent être déduites lorsque le salarié ne peut pas rentrer déjeuner à son domicile en raison :
- de l’éloignement du lieu de travail ;
- ou des horaires de travail.
Les frais de transport
Les frais de déplacement sont également admis à hauteur d’un aller-retour par semaine entre le lieu de travail et le domicile familial.
Les intérêts d’emprunt immobilier
Il est enfin possible de déduire les intérêts d’un emprunt immobilier contracté pour l’acquisition du 2nd logement, à condition de démontrer que la situation de double résidence est appelée à durer dans le temps.
Déduire les frais de double résidence : modalités
Le principe : l’abattement forfaitaire de 10 %
Par défaut, les salariés bénéficient automatiquement d’un abattement forfaitaire de 10 % appliqué sur leurs revenus déclarés au titre des frais professionnels.
L’option pour les frais réels Lorsque les dépenses réellement engagées sont supérieures à cet abattement, il est possible d’opter pour la déduction des frais réels lors de la déclaration annuelle de revenus.
Dans ce cadre, il faut :
- réintégrer aux salaires imposables l’ensemble des allocations, avantages en nature et remboursements de frais versés par l’employeur ;
- détailler précisément les frais de double résidence engagés en indiquant leur nature et leur montant.
Cette liste peut être renseignée :
- dans la rubrique « Informations » de la déclaration en ligne ;
- ou via une note annexe en cas de déclaration papier.
Il faut conserver l’ensemble des justificatifs pendant un délai de 3 ans afin de pouvoir les présenter en cas de contrôle fiscal.
Enfin notez que l’administration fiscale apprécie la légitimité de la double résidence au cas par cas.
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Santé : des précisions sont apportées à propos des remises conventionnées
Pour les entreprises exploitant des produits pharmaceutiques remboursés, il est généralement prévu un système de remise d’une partie de leur chiffre d’affaires sur ces produits auprès de l’Assurance maladie. Des précisions sont apportées sur les modalités de versement de ces remises…
Provisions sur remises : un calendrier précisé
La fixation du prix de vente des produits pharmaceutiques faisant l’objet d’un remboursement suppose la mise en place d’une concertation et d’un accord avec l’assurance maladie.
Ainsi, pour les entreprises qui exploitent, importent ou distribuent ces produits, des conventions peuvent être conclues avec l’Assurance maladie visant à prévoir, au bénéfice de celle-ci, une remise d’une partie du chiffre d’affaires réalisé sur ces produits.
Ces conventions, qui peuvent être nationales ou individuelles, sont souvent une condition sine qua non au remboursement des produits. Elles prévoient généralement qu’au-delà d’un certain volume de vente ou au-delà d’un certain chiffre d’affaires, une partie des gains réalisés doit être reversée auprès de l’Assurance maladie. On parle alors de remises conventionnelles.
Ces remises font l’objet d’un paiement provisionnel trimestriel en 4 parts égales sur l’année.
Le montant total de ces provisions sur l’année est égal à 95 % du montant dû à l’Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF) au titre de l’antépénultième année civile.
En cas de trop-perçu ou de moins-reçu par l’assurance maladie, des régularisations sont opérées dans l’année civile qui suit.
Il est désormais précisé que ces versements prévisionnels doivent être versés au plus tard les 1er mars, 1er juin, 1er septembre et 1er décembre de chaque année.
Si une régularisation est nécessaire en cas d’un moins-reçu, le versement de régularisation doit être fait au plus tard le 1er décembre de l’année suivante.
À l’inverse, en cas de trop-perçu, son montant est imputé sur les provisions de l’année suivante. Le cas échéant, en cas d’excédent restant à récupérer malgré ces imputations, un versement complémentaire de régularisation sera fait à l’entreprise en fin d’année.
Provisions sur remises : des cas d’ajustement ou de suppression ajoutés
Il est introduit une possibilité pour les entreprises concernées d’obtenir un ajustement ou une suppression du versement de leurs provisions dans certains cas :
- fusion ou absorption entre plusieurs entreprises concernées par ces remises ;
- scission d’une entreprise concernée par ces remises ;
- arrêt des activités concernant le produit objet de la convention ;
- transfert d’exploitation ou de distribution du produit ;
- première exploitation, importation ou distribution d’un produit visé par une convention par une entreprise.
L’ensemble des conditions liées à ces cas de figure sont détaillées ici.
Il est néanmoins possible pour les entreprises ne relevant pas de ces cas de figure de solliciter une modification du montant de leurs provisions. Cette demande doit être faite avant le 1er décembre de l’année précédente.
Cette demande pourra être faite si l’entreprise a des raisons de penser que le montant des provisions tel qu’il est normalement dû entrainera un écart trop important avec le montant réel des remises.
L’écart permettant de faire cette demande doit correspondre à un pourcentage qui doit être fixé par le ministère chargé de la santé et de la sécurité sociale.
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Redevance sur l’eau potable : une aide financière pour les entreprises ?
Afin de financer des actions, notamment de préservation de l’eau et des milieux aquatiques, les usagers doivent s’acquitter d’une redevance sur la consommation d’eau potable. Ce dispositif a fait l’objet d’une réforme récente qui s’est accompagnée de la mise en place d’une aide à destination des entreprises pour les aider à supporter cette charge financière…
Redevance sur la consommation d’eau potable : une aide sur 3 ans
La redevance sur la consommation d’eau potable est due par toute personne abonnée au service d’eau potable, c’est-à-dire à tout service assurant tout ou partie de la production, du transport, du stockage et de la distribution d'eau destinée à la consommation humaine.
Cette redevance est perçue par les agences ou les offices de l’eau et se calcule à partir du volume d’eau facturée à l’abonné et du tarif déterminé par l’agence ou l’office.
La base de calcul de la redevance correspond au volume d’eau facturée à la personne abonnée, sous réserve de systèmes de comptage spécifiques prévus par la réglementation (cela peut être le cas, par exemple, pour les volumes d’eau utilisés dans le cadre de systèmes d’irrigation ou pour l’élevage).
Cette assiette est ensuite multipliée par le tarif déterminé par l’agence de l’eau pour chaque bassin, à l’aune des programmes pluriannuels qui ont été établis par les autorités. Notez que ce tarif ne peut pas dépasser 1 € par mètre cube.
En parallèle, le Gouvernement a mis en place une aide financière, temporaire et dégressive, à destination des entreprises pour lesquelles ladite redevance représente une charge importante. Cette aide sera versée par l’agence ou l’office de l’eau compétente, au titre des années 2025 à 2027.
Pour déterminer l’éligibilité et le montant de l’aide, sont pris en compte les éléments suivants :
- la moyenne annuelle des volumes d'eau potable facturés par les exploitants du service d'eau potable au titre des années 2023, 2024 et 2025 ;
- le tarif permettant de calculer la redevance.
Pour l’année 2025, si le produit entre ces 2 éléments est supérieur à 0,3 % de la valeur ajoutée de l'année 2024, l’entreprise est éligible à une aide égale à la totalité de cet excédent.
Pour l’année 2026, si ce produit est supérieur à 0,3 % de la valeur ajoutée de l'année 2024, l’entreprise est éligible à une aide égale aux 2/3 de cet excédent.
Enfin, pour l’année 2027, si ce produit est supérieur à 0,3 % de la valeur ajoutée de l'année 2025, l’entreprise est éligible à une aide égale à un 1/3 de cet excédent.
Si l’entreprise utilise plusieurs bassins dépendant de plusieurs agences d’eau, les produits obtenus pour chacun sont additionnés.
Ainsi, une entreprise qui estime être éligible à cette aide au titre de l’année 2025 et / ou 2026 doit se rapprocher de son agence ou office de l’eau pour faire sa demande ici, au plus tard le 31 juillet 2026.
La demande doit comporter :
- les volumes totaux d'eau potable facturés en 2023, 2024 et 2025, répartis, le cas échéant, entre les différents bassins ;
- la valeur ajoutée en 2024 ;
- le montant des aides perçues au cours des 3 dernières années glissantes et placées sous la réglementation de l’Union européenne (UE) des aides minimis afin de s’assurer du non-dépassement des plafonds.
Pour 2027, l’entreprise devra faire sa demande avant le 1er mars 2027 et fournir les éléments suivants :
- les volumes totaux d'eau potable facturés en 2023, 2024 et 2025 (sauf s’ils ont déjà été déclarés), répartis, le cas échéant, entre les différents bassins ;
- la valeur ajoutée en 2025 ;
- le montant des aides perçues au cours des 3 dernières années glissantes et placées sur le régime de l’UE relatif aux aides de minimis.
Si les demandes sont accueillies, les aides sont versées :
- au titre des années 2025 et 2026, au plus tard le 15 octobre 2026 ;
- au titre de l’année 2027 au plus tard le 15 mai 2027.
En cas de pluralité de bassins, l’aide est versée par les différentes agences d’eau compétentes au prorata des produits obtenus pour dans chaque bassin.
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Réforme de la facturation électronique : un report possible ?
En raison des risques de fraude et d’usurpation d’identité que suscite le recours à des plateformes et prestataires privés dans le cadre de la facturation électronique, le Gouvernement est interrogé quant à un éventuel report de l’entrée en vigueur de cette réforme. Sa réponse est sans appel…
Facturation électronique : un risque accru de fraudes dénoncé
Pour mémoire, la réforme de la facturation électronique imposera à toutes les entreprises (TPE, PME, indépendants, professions libérales, etc.) de transmettre et recevoir leurs factures via des plateformes agréées (PA).
Une situation qui alerte une députée sur plusieurs points :
- l’abandon du portail public de facturation (PPF) initialement envisagé ;
- le recours massif à des prestataires privés ;
- l’absence supposée de dispositifs d’authentification forte de type FranceConnect+ ;
- le risque d’usurpation facilité par l’open data des informations d’entreprises et la circulation de données personnelles compromises.
Selon elle, les procédures d’inscription proposées par certaines plateformes seraient insuffisamment sécurisées et pourraient exposer plusieurs millions d’entrepreneurs à des fraudes importantes.
Elle interroge ainsi le Gouvernement sur un potentiel report de l'entrée en vigueur de cette obligation de facturation électronique, le temps de garantir un niveau de sécurité suffisant dans l'authentification des usagers, et lui demande s'il envisage de créer une plateforme publique nationale de facturation électronique, à l'image d'autres dispositifs comme ANTS, permettant une authentification via FranceConnect+ ou France Identité. Et la réponse est sans appel : aucun report de l’entrée en vigueur du dispositif n’est envisagé.
Le Gouvernement rappelle que le modèle initial reposait sur :
- un portail public de facturation gratuit (PPF) ;
- et des plateformes privées agréées.
Mais, le 15 octobre 2024, l’État a finalement décidé de renoncer à la construction du PPF, tout en maintenant le principe de la réforme.
Les entreprises devront donc obligatoirement passer par des plateformes immatriculées auprès de l’administration fiscale.
Le Gouvernement insiste sur le fait que les plateformes agréées sont soumises à un cahier des charges strict.
Ainsi, les PA doivent notamment :
- héberger leurs données dans l’Union européenne ;
- utiliser, en cas de recours au cloud, une infrastructure qualifiée SecNumCloud ou équivalente ;
- disposer d’une certification ISO/IEC 27001 ;
- se soumettre à des audits annuels réalisés par des cabinets professionnels.
Le Gouvernement précise également qu’en cas de non-conformité, une plateforme peut perdre son immatriculation.
Autre point important : le Gouvernement justifie l’abandon du portail public unique par des considérations de cybersécurité.
Selon lui, un portail centralisé aurait constitué une cible privilégiée pour des cyberattaques d’ampleur, avec un risque systémique majeur en cas de faille ou de panne.
À l’inverse, le modèle retenu permettra :
- d’éviter la concentration de l’ensemble des flux sur une seule infrastructure ;
- de limiter les effets de propagation en cas d’incident ;
- de renforcer la résilience globale du système.
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