Efficacité des réseaux de chaleur et de froid : on en sait plus !
Des réseaux de chaleur et de froid efficaces énergétiquement, tel est l’objectif de l’État qui a fixé un cadre en ce sens, en reprenant celui établi par l’Union européenne (UE). Sa mise en pratique nécessitait toutefois des précisions : modalités d’application, seuils utilisés, calendriers applicables, etc. Autant d’éléments à présent disponibles…
Émission de gaz et d’énergies renouvelables ou de récupération : des seuils disponibles
Pour rappel, l’État a mis en place une obligation d’efficacité énergétique des réseaux de chaleur et de froid.
Pour les réseaux de chaleur, l’efficacité se mesure via la part des énergies renouvelables et de récupération dans l'approvisionnement en chaleur du réseau tandis que, pour les réseaux de froid, elle se mesure via la quantité d'émissions de gaz à effet de serre de l'approvisionnement en froid du réseau.
Ce critère d’efficacité est rempli sous réserve de respecter des seuils qui se renforceront au fil des années.
S’agissant des réseaux de chaleur
Concrètement, un réseau de chaleur est efficace si :
- jusqu'au 31 décembre 2039, les énergies renouvelables et de récupération représentent au moins 50 % de son alimentation ;
- à compter du 1er janvier 2040, les énergies renouvelables et de récupération représentent au moins 75 % de son alimentation ;
- à compter du 1er janvier 2050, le réseau est alimenté exclusivement par de l'énergie renouvelable et de récupération.
Pour rappel, sont renouvelables les énergies éolienne, solaire, géothermique, aérothermique, hydrothermique, marine et hydraulique, ainsi que l'énergie issue de la biomasse, du gaz de décharge, du gaz de stations d'épuration d'eaux usées et du biogaz.
Les énergies de récupération sont issues de la fraction non biodégradable des déchets ménagers ou assimilés, des déchets des collectivités, des déchets industriels, des résidus de papeterie et de raffinerie, mais également des gaz de récupération (mines, cokerie, haut-fourneau, aciérie et gaz fatals) et de la récupération de chaleur sur eaux usées ou de chaleur fatale.
La chaleur produite par une installation de cogénération peut être considérée comme une énergie de récupération, mais uniquement pour la part issue de l'une de ces sources de récupération.
Il faut noter que les installations de production de secours n’entrent pas dans l’exploitation normale du réseau et, donc, dans le calcul.
De même, lorsqu’une installation de production est utilisée pour une demande particulière, elle n’entre pas en compte lorsqu’elle est exploitée moins de 500 heures par an et qu’il est prouvé qu’aucune alternative ne peut être mise en place à des conditions « technico-économiques » acceptables.
Notez que des précisions techniques doivent encore être données, notamment les modalités et les périodes de référence de calcul.
S’agissant des réseaux de froid
Du côté des réseaux de froid, ces derniers sont considérés comme étant efficaces si les émissions de gaz à effet de serre de l'approvisionnement en froid des réseaux par unité de froid livré sont inférieures ou égales à :
- 150 grammes par kilowattheure depuis le 1er janvier 2026 ;
- 100 grammes par kilowattheure à partir du le 1er janvier 2035 ;
- 50 grammes par kilowattheure à partir du le 1er janvier 2045 ;
- 0 gramme par kilowattheure à partir du le 1er janvier 2050.
De la même manière que pour les réseaux de chaleur, des précisions techniques doivent encore être données par le Gouvernement.
Notez qu’un réseau de chaleur et de froid est efficace s’il satisfait aux 2 catégories de conditions, c’est-à-dire à la fois celles des énergies renouvelables et de récupération propres aux réseaux de chaleur et celles relatives aux émissions de gaz à effet de serre propres aux réseaux de froid.
Le programme d’actions en matière de chaud et de froid (PCAET)
Pour rappel, le PCAET est un projet territorial de développement durable, mis en place par les pouvoirs publics afin de définir :
- les objectifs stratégiques et opérationnels d’un territoire afin « d'atténuer le changement climatique, de le combattre et de s'y adapter » ;
- les programmes d’actions à réaliser pour remplir concrètement ces objectifs.
Les PCAET devront, à partir du 1er juillet 2026, être complétés avec les éléments listés ici.
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Régime simplifié d’imposition : du nouveau pour 2026
Les petites entreprises placées sous le régime simplifié d’imposition en matière de TVA ou de bénéfices industriels et commerciaux (BIC) bénéficient d’obligations déclaratives allégées. Mais pour cela, encore faut-il respecter certains plafonds de chiffre d’affaires qui viennent d’être actualisés pour 2026.
Régime simplifié en matière de BIC 2026
En 2026, le régime simplifié BIC s’applique aux entreprises industrielles ou commerciales qui ne peuvent pas bénéficier du régime micro-BIC et dont le chiffre d’affaires HT de 2025 est inférieur aux seuils suivants.
ACTIVITÉS CONCERNÉES | PÉRIODE D'APPRÉCIATION DU SEUIL | SEUIL POUR L'ANNÉE 2026 (€) |
Activités de vente de biens corporels, de restauration ou de mise à disposition de logements | Année civile précédente | 945 000 |
Année civile en cours | 1 040 000 | |
Autres activités | Année civile précédente | 286 000 |
Année civile en cours | 323 000 |
Il faut noter ici que le régime simplifié BIC peut également bénéficier aux entreprises qui relèvent normalement du régime micro-BIC, mais qui optent pour ce régime simplifié.
Dès lors que les limites de chiffre d’affaires sont franchies, le régime simplifié se poursuit la 1re année qui suit celle du dépassement, sauf en cas de changement d’activité.
Les limites d’application du régime simplifié BIC seront de nouveau réévaluées au 1re janvier 2027.
Régime simplifié de TVA 2026
En 2026, le régime simplifié de TVA s’applique, sauf exceptions, aux entreprises qui ne bénéficient pas de la franchise en base de TVA et dont le chiffre d’affaires HT de 2025 est inférieur à :
- 945 000 € pour les activités de commerce, de restauration ou d’hébergement ;
- 286 000 € pour les autres activités.
À l’instar du régime simplifié BIC, le régime simplifié TVA s’applique également, sur option, aux entreprises qui relèvent normalement de la franchise en base de TVA.
Si ces limites de chiffre d’affaires sont franchies, le régime simplifié peut continuer à s’appliquer pour l’exercice en cours dès lors que le chiffre d’affaires HT réalisé depuis le début de l’année n’excède pas, respectivement, 1 040 000 € et 323 000 €.
En cas de dépassement de ces limites majorées, le régime normal s’applique à compter du 1er jour de l’année en cours.
Dans cette hypothèse, une déclaration CA3 récapitulant les opérations réalisées depuis le début de cet exercice jusqu’au mois de dépassement doit être déposée, puis, à compter du mois suivant, des déclarations mensuelles CA3 seront attendues.
Il faut préciser ici que le bénéfice du régime simplifié de TVA ou son maintien implique que le montant de la TVA exigible au titre de 2025 soit inférieur à 15 000 €.
Régime simplifié de TVA : suppression en vue ?
Il faut préciser que le régime simplifié de TVA a vocation à être supprimé à compter du 1re janvier 2027.
Les entreprises qui jusqu’alors bénéficiaient du régime simplifié de TVA seront donc soumises au régime normal de TVA.
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Taxe d’apprentissage : fin de l’exonération pour les structures non-lucratives
La loi de finances pour 2026 prévoit d’élargir le champ de la taxe d’apprentissage aux structures à but non lucratif jusqu’alors exonérées. À partir de quand cette nouvelle obligation s’appliquera-t-elle concrètement ?
Pour rappel, la taxe d’apprentissage est une contribution due par certains employeurs. Elle participe au financement de l’apprentissage, ainsi que des formations technologiques et professionnelles.
Calculée sur la base des rémunérations versées aux salariés, cette taxe est due par les entreprises individuelles, les sociétés et les groupements d’intérêt économique qui exercent une activité commerciale, artisanale ou industrielle.
Jusqu’à présent, en étaient exonérés les associations, les organismes, les fondations, les fonds de dotation, les congrégations et les syndicats exerçant une activité non lucrative. La loi de finances pour 2026 met fin à cette exonération.
Par conséquent, ces structures non lucratives devraient prochainement être assujetties à la taxe d’apprentissage.
À ce stade, la loi de finances pour 2026 ne précise pas la date d’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure.
En l’absence de disposition spécifique, et par principe, la taxe sera donc due à compter du 21 février 2026.
Notez toutefois que, comme cela avait déjà été le cas lors de la suppression de l’exonération dont bénéficiaient les organismes mutualistes (assujettis depuis février 2025), l’administration sociale pourrait, par tolérance, repousser l’application effective de la taxe au 1er jour du mois suivant la publication de la loi, soit au 1er mars 2026.
Affaire à suivre…
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Urssaf : un nouveau tableau de bord pour faciliter le travail des tiers-déclarants
Récemment, l’Urssaf a déployé une nouvelle version du tableau de bord « tiers déclarants » afin de rendre la gestion des comptes clients et des portefeuilles plus simple, plus rapide et mieux sécurisée.
Parcours plus rapides, liste des comptes clients accessible et portefeuilles collaboratifs
Dans le cadre de l’amélioration des services et pour mieux répondre aux besoins des utilisateurs, une nouvelle version du tableau de bord « tiers déclarants » a été déployée par l’Urssaf.
Cette évolution, construite en collaboration avec des tiers déclarants, vise à rendre les démarches plus simples et à faire gagner du temps au quotidien, notamment pour les experts-comptables et leurs équipes.
1er changement : les parcours de l’espace numérique ont été simplifiés pour être plus clairs et plus rapides. Le tableau de bord donne désormais accès à une liste des comptes clients, en plus des portefeuilles des collaborateurs, ce qui permet d’avoir une vue plus directe sur les dossiers gérés.
2e changement : la mise à jour introduit une gestion plus souple des comptes clients. Il est donc désormais possible d’ajouter un compte client, soit avec des vérifications de sécurité pour les travailleurs indépendants, soit automatiquement après le dépôt d’une DSN lorsqu’il s’agit d’un employeur.
Une fonctionnalité propose également de supprimer un compte client lorsque vous n’en assurez plus la gestion.
Une fois cette liste de comptes clients actualisée, la gestion interne devient plus fluide. Les utilisateurs sont ainsi invités à mettre à jour des portefeuilles et associer les collaborateurs concernés sans avoir à repasser par des questions de sécurité supplémentaires.
Pour les utilisateurs déjà équipés d’un espace « tiers déclarant », la transition est transparente : portefeuilles, comptes clients et collaborateurs ont été automatiquement transférés vers le nouveau service.
Pour les nouveaux utilisateurs, des modes d’emploi sont mis à disposition afin d’accompagner la création de l’espace et la prise en main.
Enfin, la réglementation du service rappelle qu’un portefeuille peut être géré par plusieurs collaborateurs.
Cette organisation par portefeuille permet à chaque collaborateur d’avoir un tableau de bord cohérent avec les comptes suivis et de ne recevoir que les notifications mail liées aux dossiers qu’il gère réellement.
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Auto-écoles : refonte de la réglementation
L’enseignement de la conduite est une activité réglementée, soumise à l’obtention d’autorisations et d’agréments des autorités compétentes. Ce cadre a été, tout récemment, refondu. Si les grandes lignes restent inchangées, des modifications sont à noter, en particulier sur le sujet de l’agrément octroyé par le préfet pour l’établissement de la structure d’enseignement.
Auto-écoles : des grandes lignes conservées avec quelques nouveautés
L’enseignement de la conduite des véhicules à moteur et de la sécurité routière fait l’objet d’un cadre strict. Pour rappel, un double niveau d’autorisation doit être respecté.
D’une part, l’exploitant ou la structure abritant l’activité doit détenir, et renouveler, un agrément délivré par les pouvoirs publics.
Cet agrément concerne les exploitants d’auto-écoles et les associations qui utilisent l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière comme axe d’insertion ou de réinsertion sociale et professionnelle.
D’autre part, les moniteurs doivent justifier d’une autorisation d’enseigner.
Enfin, les auto-écoles et les associations doivent respecter des règles spécifiques visant les locaux et les véhicules, de même qu’elles doivent respecter des obligations administratives, sous peine de se voir suspendre, voire retirer, leur agrément.
Des précisions viennent d’être apportées à ce sujet, sans pour autant apporter des changements structurels.
S’agissant des agréments
Un nouveau cadre est posé, applicable à la fois aux auto-écoles et aux associations.
Concrètement, la demande d’agrément doit être déposée à la préfecture du lieu d'exploitation de l’auto-école ou de l’association.
L’agrément obtenu est ensuite valable pour 6 ans, contre 5 ans avant la réforme. Il porte à la fois sur l’entrepreneur, l’entreprise ou l’association, et sur les moyens matériels et humains nécessaires à la formation en fonction du nombre d'élèves susceptibles d'être accueillis et des enseignements dispensés.
Pour renouveler l’agrément, une demande doit être déposée au moins 2 mois avant son expiration auprès de la préfecture. Une fois cette démarche effectuée, l’agrément est maintenu provisoirement, le temps que la procédure soit menée à terme.
En cas de modification de situation, par exemple en cas de changement de gérant ou de liste des catégories de véhicules pour lesquelles un enseignement est délivré, une formalité supplémentaire doit être réalisée à la préfecture.
Notez que le silence gardé pendant 2 mois vaut :
- rejet en cas de demande initiale d'agrément ;
- acceptation en cas de demande de modification d'un agrément.
Concernant les demandes de renouvellement, l’agrément est réputé renouvelé en cas de silence de la préfecture gardé pendant 4 mois.
Notez qu’il est possible pour un même exploitant, entreprise ou association, d’exploiter plusieurs locaux différents dans un même département. Une déclaration doit être faite à la préfecture au moins 2 mois avant le début de l'activité.
De même, l’agrément est maintenu, sous réserve de faire les démarches et déclarations nécessaires, en cas :
- de rachat de l'entreprise ou du fonds de commerce par un nouvel exploitant ;
- de changement de dirigeant de l'entreprise ou de l'association.
En cas de décès de l’exploitant ou d’incapacité de gérer ou de diriger son établissement, l’agrément peut être maintenu pendant 2 ans maximum sur demande de la personne qui va assurer momentanément la reprise de l'établissement.
Enfin, des contrôles peuvent être réalisés par la préfecture pour s’assurer du bon respect des règles. Un agrément peut, en cas de manquement, être suspendu pour une durée maximale de 6 mois et, le cas échéant, retiré dans certaines hypothèses (listées ici).
S’agissant de la mise en commun des moyens d’exploitation
Il est possible pour plusieurs exploitants de mettre en commun leurs moyens d'exploitation (local, matériels, véhicules, personnel).
Cette mise en commun doit passer par une convention écrite, transmise au préfet, afin de déterminer :
- l'usage en commun des moyens ;
- les noms et qualification des personnels enseignants ;
- l'identification et les documents relatifs aux véhicules mis en commun ;
- les lieux, les formations dispensées et les modalités d'organisation.
S’agissant de l’autorisation d’enseigner
La nécessité d’obtenir une autorisation pour enseigner la conduite, sous condition notamment de diplôme, est maintenue.
De même, il reste possible d’opter pour une ATRE (autorisation temporaire et restrictive d'exercer) afin de permettre à une personne en cours de formation de dispenser un enseignement correspondant à une compétence professionnelle obtenue.
Cette activité consiste :
- soit à former des apprenants conducteurs par des actions individuelles et collectives conformes à la réglementation ;
- soit à sensibiliser les usagers de la route à l'adoption de comportements sûrs et respectueux de l'environnement.
S’agissant de l’exploitation des activités
Le Gouvernement a renouvelé les exigences s’agissant du matériel utilisé et des locaux d’exploitation, notamment pour les véhicules, dont le détail est disponible ici.
Notez que la limite d’âge des véhicules est à présent de 7 ans.
Les associations doivent toujours remplir un bilan annuel de leurs activités, dont le détail est disponible également ici.
S’agissant de la transition entre ancien et nouveau cadre
Des dispositions transitoires sont mises en place par le Gouvernement. Ainsi, les agréments en cours de validité pour lesquels aucune demande de renouvellement n'a été déposée en préfecture au 16 février 2026 sont prorogés d'un an.
Il en va de même pour l’autorisation d’enseigner des catégories AM, A1, A2, A, B1, B et BE sous réserve de remplir les 2 conditions suivantes :
- l’autorisation est en cours de validité et il n’y a pas de demande de renouvellement déposée en préfecture ;
- l’autorisation a été délivrée à la suite d'un avis d'aptitude médicale sans limitation de durée autre que celle de la périodicité de la visite médicale prévue par la réglementation.
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